
Palmiers (Dattier, Cocotier, Trachycarpus...)
Monocotylédones sans vrai bois ni cambium. Couper le tronc les tue.
⚠️ Piège : Le Dracaena, Yucca et Cordyline ressemblent à des palmiers mais peuvent être bouturés en tronçonnant la tige.
Découvrez les secrets de la multiplication des plantes. Ce qui fonctionne, ce qui échoue et toutes les astuces.
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Si une plante produit des graines viables, pourquoi s'embêter avec l'hormone, la cloche et les jours/semaines/mois d'attente ? La réponse tient en un mot : le clonage. Une bouture (comme un marcottage ou un greffon) est un fragment de la plante-mère : elle lui est génétiquement identique. Une graine, elle, est le fruit d'une reproduction sexuée — elle mélange les gènes du parent porte-graine avec ceux qui ont pollinisé la fleur. Le résultat est un individu génétiquement unique, qui peut ressembler à ses parents… ou pas du tout.
Pour une espèce sauvage (chêne, hêtre, pin, noisetier commun…) :
Aucun problème, on ne cherche pas à reproduire un arbre précis, l'espèce suffit. C'est pour ça que le semis est la bonne réponse pour la quasi-totalité des arbres forestiers de ce guide.
Pour une variété ou un cultivar nommé (un rosier précis, un Érable du Japon 'Bloodgood', un camélia à fleurs doubles…) :
Problème majeur : ce sont presque toujours des hybrides ou des sélections. Leurs graines « ne font pas vrai » — le semis donnera un individu différent, parfois très différent (couleur, port, vigueur). Seule une bouture, un marcottage ou un greffon reproduit fidèlement la variété achetée.
Il existe même un troisième cas, plus radical :
De nombreux cultivars très hybridés (roses modernes, beaucoup d'arbustes ornementaux) sont partiellement ou totalement stériles — ils fleurissent abondamment mais ne produisent que peu ou pas de graines viables. La bouture n'est alors plus une option parmi d'autres : c'est la seule solution.
🧬 Le logo ci-dessous signale chaque plante du guide où cette distinction change concrètement la donne.
Ces plantes ne peuvent pas être multipliées par bouturage classique de tige. La reproduction se fait par semis, division, rejets, ou bouturage de racines.

Monocotylédones sans vrai bois ni cambium. Couper le tronc les tue.
⚠️ Piège : Le Dracaena, Yucca et Cordyline ressemblent à des palmiers mais peuvent être bouturés en tronçonnant la tige.

Monocotylédones arborescentes sans tissu ligneux capable de raciner.

Ex: Dicksonia. Si vous coupez le tronc, elles meurent.

Leur tronc n'est qu'un empilement de feuilles sans tissu ligneux.

Plantes strictement bulbeuses. Une tige coupée ne fait pas de racines.
Plantes à tubercules ou à griffes. Fonctionnement identique aux bulbes.

Plante bulbeuse à rhizomes/griffes. Ne se bouture pas par la tige.

Bulbes stricts.
Plantes à cormes dont le fonctionnement est identique aux bulbes.

Plante bulbeuse.

Plante bulbeuse avec une exception.
💡 On peut multiplier un lys en détachant les écailles de son bulbe (technique de l'« écaillage ») posées sur terreau humide.

Grands feuillus forestiers. Le bois ne se dédifférencie pas pour créer des racines.

Feuillus forestiers et arbres à coques impossibles à bouturer.

Feuillu forestier très difficile à bouturer classiquement.
💡 Se multiplie historiquement presque exclusivement par « marcottage en cépée ».

Conifères stricts. Les canaux résinifères bouchent la coupe avec de la sève.

Conifère.
💡 Exception : Il se bouture avec un taux de réussite correct à partir de rejets juvéniles.

Couper une feuille est inutile, elle mourra sans faire de racines.
💡 Contrairement aux orchidées, la violette africaine (Saintpaulia) se bouture avec une simple feuille !
Ne se bouturent pas par la tige mais par la racine en période de repos.

Ne se bouture que par section de racine plantée à la verticale.
Impossible par bouture classique, séparation des rejets obligatoire.
Marcottage apical obligatoire ou fortement recommandé.
Marcottage au sol presque obligatoire pour l'amateur.
Racines très rapides, souvent dans un simple verre d'eau. Pardonnent les erreurs.

Plantes d'intérieur classiques très faciles.

Se bouture extrêmement facilement dans l'eau.

Plante d'intérieur classique très facile.

Plante grimpante classique.

L'une des boutures les plus rapides qui soit.
Racines visibles en 3 à 4 jours dans l'eau seulement !

Aromatique tendre.
La Menthe est presque toujours multipliée par bouture ou division : beaucoup de ses variétés sont stériles ou ne font pas vrai du tout par graine.

Aromatiques tendres.

Arbustes de jardin (pleureur, tortueux...). Contiennent de l'acide salicylique naturel.

Arbuste de jardin très facile.
Arbuste de haie classique.
Bouture d'été ou d'hiver très rapide.
Bouturage de fin d'été ou d'automne simplissime (Seringat, Weigela...).
Essentiel pour conserver les cultivars à fleurs doubles ou feuillages colorés.
Très facile sur bois sec en hiver en pleine terre.
Le semis perd souvent l'intensité rouge vif ou jaune fluorescent du bois.
Très facile dans un verre d'eau en plein soleil.
Très facile, se marcotte souvent naturellement.
Bouture estivale dans du sable très facile (Sauges, Santoline...).
Indispensable pour reproduire fidèlement les très nombreux coloris des sauges.
Bouture de bois sec en hiver (Grenadier) ou drageons (Goji) très faciles.
Bouture de tige ou de feuille très facile.
Bouturage généralement en terreau, avec un peu de méthode ou à la bonne saison.

Plantes grasses (succulentes).

Aromatiques ligneuses.

Arbuste à fleurs classique.

Arbustes et plantes à fleurs.

Arbuste classique.
Lent à bouturer (compter 2 à 3 mois avant les racines) mais méthode fiable.

Petits fruitiers et grimpantes.

Petits fruits.

Petit fruit se multipliant surtout par drageons.
Bouture estivale à l'étouffée sous cloche.
Bouture sous cloche ou marcottage / drageons (Bignone, Passiflore).
Permet de conserver les croisements offrant des couleurs rares.
Bouture à l'étouffée en été ou marcottage.
Bouture de feuille possible mais très lente (3 à 6 mois) (Sansevieria...).
Bouturer une feuille de Sansevieria panachée donne souvent une plante toute verte. Il faut diviser.
Plantes capricieuses, exigent une méthode parfaite et le bon moment de l'année.

Tige tendre non lignifiée prélevée en fin de printemps/début d'été, coupe juste sous un nœud.
Semer la graine d'un 'Bloodgood' donne un érable génétiquement nouveau — souvent vert ou d'une couleur intermédiaire imprévisible, jamais le pourpre recherché.

Prélevez exclusivement sur les pousses vertes de l'année, sans le moindre bois, entre fin mai et début juin.
Le semis ne reproduit pas fidèlement une variété nommée : on obtient un lilas généalogiquement apparenté, jamais une copie.

Boutures herbacées estivales, base légèrement blessée et trempée dans une hormone concentrée.
En plus de ne pas faire vrai, un sujet issu de semis peut mettre 10 à 15 ans avant sa première fleur, contre 2 à 3 ans pour une bouture ou un greffon.
Rarement tentée en bouture classique tant le taux d'échec est élevé sur les cultivars remarquables.
Un semis de glycine peut mettre 10 à 20 ans à fleurir, sans aucune garantie de retrouver la couleur ou la longueur de grappe recherchées.

Boutures semi-aoûtées en été sous cloche avec chaleur de fond, mais taux de réussite très faible.
Ses graines ont en prime une dormance double particulièrement complexe à lever — jusqu'à deux ans avant la germination — ce qui n'arrange rien.

Plante fleurie du Sud.

Boutures semi-aoûtées de 10 cm en fin d'été, base légèrement blessée, hormone, sous cloche ombragée.
Bouturage possible mais délicat, à réaliser à la fin de l'été.
Semis possible, mais sans garantie de retrouver la même forme de fleur, et plusieurs années d'attente avant la première floraison.
Arbuste au parfum envoûtant.
Réputé pour détester qu'on touche à ses racines, créer de nouvelles racines est tout aussi difficile.

Boutures semi-aoûtées de 8-10 cm en fin d'été, une fine entaille verticale à la base.
Comme le camélia, le semis d'une variété nommée donne un résultat imprévisible et une floraison beaucoup plus tardive.
Jeunes rameaux sans fleur de 10-15 cm, base dans l'hormone, chaleur de fond à l'étouffée stricte.
Processus extrêmement lent. La tige est très sujette aux maladies cryptogamiques.
Cas particulier : beaucoup d'agrumes produisent des graines « nucellaires », génétiquement quasi identiques au pied-mère.

Rameaux semi-aoûtés de 15-20 cm prélevés en été, base dans l'hormone, chaleur de fond, forte hygrométrie.
Possible, mais capricieux. On prélève les rameaux en été.
Le semis ne fait pas vrai et retarde la première récolte de 10 ans ou plus — bouture ou greffage restent la norme.
Bouture difficile, marcottage aérien fortement recommandé.
Bouture délicate, marcottage en butte ou terrestre bien plus fiable.
Permet de conserver les cultivars productifs à gros fruits.